Il donna, n’ayant pas peur de se compromettre, tous les détails imaginables sur la démission et le départ de d’Artagnan.
Il expliqua comment, après ce départ, le nouveau chef de l’expédition avait ordonné une surprise sur Belle-Île. Là s’arrêtèrent ses explications.
Aramis et Porthos échangèrent un coup d’œil qui témoignait de leur désespoir.
Plus de fonds à faire sur cette brave imagination de d’Artagnan, plus de ressource, par conséquent, en cas de défaite.
Aramis, continuant son interrogatoire, demanda au prisonnier ce que les royaux comptaient faire des chefs de Belle-Île.
— Ordre, répliqua celui-ci, de tuer pendant le combat et de pendre après.
Aramis et Porthos se regardèrent encore.
Le rouge monta au visage de tous deux.
— Je suis bien léger pour la potence, répondit Aramis; les gens comme moi ne se pendent pas.
— Et moi, je suis bien lourd, dit Porthos; les gens comme moi cassent la corde.