— Partons, mon ami, dit-il.
— Partons, dit d’Artagnan.
— Est-ce que j’aurai cette joie, demanda Athos, de vous posséder pour compagnon, mon ami?
— Jusqu’à la porte seulement, très cher, répondit d’Artagnan; après quoi, je vous dirai ce que j’ai dit au roi: «Je suis de service.»
— Et vous, mon cher Aramis, dit Athos en souriant m’accompagnez-vous? La Fère est sur la route de Vannes.
— Moi, mon ami, dit le prélat, j’ai rendez-vous ce soir à Paris, et je ne saurais m’éloigner sans faire souffrir de graves intérêts.
— Alors, mon cher ami, dit Athos, permettez-moi que je vous embrasse, et que je parte. Mon cher monsieur Baisemeaux, grand merci de votre bonne volonté, et surtout de l’échantillon que vous m’avez donné de l’ordinaire de la Bastille.
Et, après avoir embrassé Aramis et serré la main à M. de Baisemeaux; après avoir reçu les souhaits de bon voyage de tous deux, Athos partit avec d’Artagnan.
Tandis que le dénouement de la scène du Palais-Royal s’accomplissait à la Bastille, disons ce qui se passait chez Athos et chez Bragelonne.
Grimaud, comme nous l’avons vu, avait accompagné son maître à Paris; comme nous l’avons dit, il avait assisté à la sortie d’Athos; il avait vu d’Artagnan mordre ses moustaches; il avait vu son maître monter en carrosse; il avait interrogé l’une et l’autre physionomie, et il les connaissait toutes deux depuis assez longtemps pour avoir compris, à travers le masque de leur impassibilité, qu’il se passait de graves événements.