— Les gardes du roi, dites-vous, monseigneur? s’écrièrent les Bretons en pâlissant à leur tour.

— Et Biscarrat à leur tête, monté sur mon cheval gris, continua Aramis.

Les chiens, au même moment, se précipitèrent dans la grotte comme une avalanche, et les profondeurs de la caverne s’emplirent de leurs cris assourdissants.

— Ah! diable! fit Aramis reprenant tout son sang-froid à la vue de ce danger, certain, inévitable. Je sais bien que nous sommes perdus; mais, au moins, il nous reste une chance: si les gardes qui vont suivre leurs chiens, viennent à s’apercevoir qu’il y a une issue aux grottes, plus d’espoir; car, en entrant ici, ils découvriront la barque et nous-mêmes. Il ne faut pas que les chiens sortent du souterrain. Il ne faut pas que les maîtres y entrent.

— C’est juste, dit Porthos.

— Vous comprenez, ajouta l’évêque avec la rapide précision du commandement: il y a là six chiens, qui seront forcés de s’arrêter à la grosse pierre sous laquelle le renard s’est glissé, mais à l’ouverture trop étroite de laquelle ils seront, eux, arrêtés et tués.

Les Bretons s’élancèrent, le couteau à la main.

Quelques minutes après, un lamentable concert de gémissements, de hurlements mortels; puis, plus rien.

— Bien, dit Aramis froidement. Aux maîtres, maintenant!

— Que faire? dit Porthos.