Cette résistance que rencontrait sa poitrine l’étonna; il allongea la main et saisit le canon glacé.
Au même instant, Yves levait sur le jeune homme un couteau, qui allait retomber sur lui de toute la force d’un bras breton, lorsque le poignet de fer de Porthos l’arrêta à moitié chemin.
Puis, comme un grondement sourd, cette voix se fit entendre dans l’obscurité:
— Je ne veux pas qu’on le tue, moi.
Biscarrat se trouvait pris entre une protection et une menace, presque aussi terribles l’une que l’autre.
Si brave que fût le jeune homme, il laissa échapper un cri, qu’Aramis comprima aussitôt, en lui menant un mouchoir sur la bouche.
— Monsieur de Biscarrat, lui dit-il à voix basse, nous ne vous voulons pas de mal, et vous devez le savoir si vous nous avez reconnus; mais, au premier mot, au premier soupir, au premier souffle, nous serons forcés de vous tuer comme nous avons tué vos chiens.
— Oui, je vous reconnais, messieurs, dit tout bas le jeune homme. Mais pourquoi êtes-vous ici? qu’y faites-vous? Malheureux! malheureux! je vous croyais dans le fort.
— Et vous, monsieur, vous deviez nous obtenir des conditions, ce me semble?
— J’ai fait ce que j’ai pu, messieurs; mais...