— Mais ce n’est rien.

— Prenons vite un parti. Nos Bretons vont continuer de rouler le canot vers la mer.

— Très bien.

— Nous deux, nous garderons ici la poudre, les balles et les mousquets.

— Mais à deux, mon cher Aramis, nous ne tirerons jamais trois coups de mousqueterie ensemble, dit naïvement Porthos; le moyen de la mousqueterie est mauvais.

— Trouvez-en donc un autre.

— Je l’ai trouvé! fit tout à coup le géant. Je vais me mettre en embuscade derrière le pilier avec cette barre de fer, et, invisible, inattaquable, lorsqu’ils seront entrés par flots, je laisse tomber ma barre sur les crânes trente fois par minute! Hein! qu’en dites-vous, du projet? vous sourit-il?

— Excellent, cher ami, parfait! j’approuve fort; seulement, vous les effraierez, et la moitié restera dehors pour nous prendre par la famine. Ce qu’il nous faut, mon bon ami, c’est la destruction entière de la troupe; un seul homme resté debout nous perd.

— Vous avez raison, mon ami; mais comment les attirer, je vous prie?

— En ne bougeant pas, mon bon Porthos.