Quant à Porthos, après avoir lancé le baril de poudre au milieu des ennemis, il avait fui, selon le conseil d’Aramis, et gagné le dernier compartiment, dans lequel pénétraient, par l’ouverture, l’air, le jour et le soleil.

Aussi, à peine eut-il tourné l’angle qui séparait le troisième compartiment du quatrième, qu’il aperçut à cent pas de lui la barque balancée par les flots; là étaient ses amis; là était la liberté; là était la vie après la victoire.

Encore six de ses formidables enjambées, et il était hors de la voûte; hors de la voûte, deux ou trois vigoureux élans, et il touchait au canot.

Soudain, il sentit ses genoux fléchir: ses genoux semblaient vides, ses jambes mollissaient sous lui.

— Oh! oh! murmura-t-il étonné, voilà que ma fatigue me reprend; voilà que je ne peux plus marcher. Qu’est-ce à dire?

À travers l’ouverture, Aramis l’apercevait et ne comprenait pas pourquoi il s’arrêtait ainsi.

— Venez, Porthos! criait Aramis, venez! venez vite!

— Oh! répondit le géant en faisant un effort qui tendit inutilement tous les muscles de son corps, je ne puis.

En disant ces mots, il tomba sur ses genoux; mais, de ses mains robustes, il se cramponna aux roches et se releva.

— Vite! vite! répéta Aramis en se courbant vers le rivage, comme pour attirer Porthos avec ses bras.