Louis, content de son succès, Louis, plus doux et plus affable depuis qu’il se sentait plus puissant, n’avait pas cessé un seul instant de chevaucher à la portière de Mlle de La Vallière.
Tout le monde s’était empressé de distraire les deux reines pour leur faire oublier cet abandon du fils et de l’époux. Tout respirait l’avenir; le passé n’était plus rien pour personne. Seulement, ce passé venait comme une plaie douloureuse et saignante aux cœurs de quelques âmes tendres et dévouées. Aussi, le roi ne fut pas plutôt installé chez lui, qu’il en reçut une preuve touchante.
Louis XIV venait de se lever et de prendre son premier repas, quand son capitaine des mousquetaires se présenta devant lui. D’Artagnan était un peu pâle et semblait gêné.
Le roi s’aperçut, au premier coup d’œil, de l’altération de ce visage, ordinairement si égal.
— Qu’avez-vous donc, d’Artagnan? dit-il.
— Sire, il m’est arrivé un grand malheur.
— Mon Dieu! quoi donc?
— Sire, j’ai perdu un de mes amis, M. du Vallon, à l’affaire de Belle-Île.
Et, en disant ces mots, d’Artagnan attachait son œil de faucon sur Louis XIV, pour deviner en lui le premier sentiment qui se ferait jour.
— Je le savais, répliqua le roi.