— Qu’avez-vous donc? lui demanda tendrement son père.

— Ce qui m’afflige, c’est la mort de Porthos, notre si bon ami, répondit Raoul; je souffre d’ici de la douleur que vous en ressentirez là-bas.

Et la vision disparut avec le sommeil d’Athos.

Au point du jour, un des valets entra chez son maître, et lui remit une lettre venant d’Espagne.

L’écriture d’Aramis, pensa le comte.

Et il lut.

— Porthos est mort! s’écria-t-il après les premières lignes. Ô Raoul, Raoul, merci! tu tiens ta promesse, tu m’avertis!

Et Athos, pris d’une sueur mortelle, s’évanouit dans son lit sans autre cause que sa faiblesse.

Chapitre CCLXIII — Vision d’Athos

Quand cet évanouissement d’Athos eut cessé, le comte, presque honteux d’avoir faibli devant cet événement surnaturel, s’habilla et demanda un cheval, bien décidé à se rendre à Blois, pour nouer des correspondances plus sûres, soit avec l’Afrique, soit avec d’Artagnan ou Aramis.