Chapitre CCLXIV — L’ange de la mort
Athos en était là de sa vision merveilleuse, quand le charme fut soudain rompu par un grand bruit parti des portes extérieures de la maison.
On entendit un cheval galoper sur le sable durci de la grande allée, et les rumeurs des conversations les plus bruyantes et les plus animées montèrent jusqu’à la chambre où rêvait le comte.
Athos ne bougea pas de la place qu’il occupait; à peine tourna-t-il sa tête du côté de la porte pour percevoir plus tôt les bruits qui arrivaient jusqu’à lui.
Un pas alourdi monta le perron; le cheval, qui galopait naguère avec tant de rapidité, partit lentement du côté de l’écurie. Quelques frémissements accompagnaient ces pas qui, peu à peu, se rapprochaient de la chambre d’Athos.
Alors une porte s’ouvrit, et Athos, se tournant un peu du côté où venait le bruit, cria d’une voix faible:
— C’est un courrier d’Afrique, n’est-ce pas?
— Non, monsieur le comte, répondit une voix qui fit tressaillir sur son lit le père de Raoul.
— Grimaud! murmura-t-il.
Et la sueur commença de glisser le long de ses joues amaigries.