— Il est évident, dit Grimaud, que, si M. le comte est dans ce carrosse, c’est qu’on le met en liberté, ou qu’on le mène à une autre prison.
— Nous l’allons bien voir par le chemin qu’il prendra, dit Porthos.
— Si on le met en liberté, dit Grimaud, on le conduira chez lui.
— C’est vrai, dit Porthos.
— Le carrosse n’en prend pas le chemin, dit Raoul.
Et, en effet, les chevaux venaient de disparaître dans le faubourg Saint-Antoine.
— Courons, dit Porthos; nous attaquerons le carrosse sur la route, et nous dirons à Athos de fuir.
— Rébellion! murmura Raoul.
Porthos lança à Raoul un second regard, digne pendant du premier. Raoul n’y répondit qu’en serrant les flancs de son cheval.
Peu d’instants après, les trois cavaliers avaient rattrapé le carrosse et le suivaient de si près, que l’haleine des chevaux humectait la caisse de la voiture.