— Monsieur l’ambassadeur, voulez-vous que nous parlions affaires?
D’Artagnan s’éloigna aussitôt par discrétion.
Il se dirigea vers la cheminée, à portée d’entendre ce que le roi allait dire à Monsieur, lequel, plein d’inquiétude, venait à sa rencontre.
Le visage du roi était animé. Sur son front se lisait une volonté dont l’expression redoutable ne rencontrait déjà plus de contradiction en France, et ne devait bientôt plus en rencontrer en Europe.
— Monsieur, dit le roi à son frère, je ne suis pas content de M. le chevalier de Lorraine. Vous, qui lui faites l’honneur de le protéger, conseillez-lui de voyager pendant quelques mois.
Ces mots tombèrent avec le fracas d’une avalanche sur Monsieur, qui adorait ce favori et concentrait en lui toutes les tendresses.
Il s’écria:
— En quoi le chevalier a-t-il pu déplaire à Votre Majesté?
Il lança un furieux regard à Madame.
— Je vous dirai cela quand il sera parti, répliqua le roi impassible. Et aussi quand Madame, que voici, aura passé en Angleterre.