Alors le couvent tout entier hurla: Vive le roi! en agitant ses armes.
— Merci, mes révérends pères, merci! cria la voix stridente de Henri III.
Puis il passa devant le couvent, qui devait être le terme de sa course, comme un tourbillon de feu, de bruit et de gloire, laissant derrière lui Bel-Esbat dans l'obscurité.
Du haut de son balcon, cachée par l'écusson de fer doré, derrière lequel elle était tombée à genoux, la duchesse voyait, interrogeait, dévorait chaque visage, sur lequel les torches jetaient leur flamboyante lumière.
— Ah! fit-elle avec un cri, en désignant un des cavaliers de l'escorte.
Voyez! voyez, Mayneville!
— Le jeune homme, le messager de M. le duc de Mayenne au service du roi! s'écria celui-ci.
— Nous sommes perdus! murmura la duchesse.
— Il faut fuir, et promptement, madame, dit Mayneville; vainqueur aujourd'hui, le Valois abusera demain de sa victoire.
— Nous avons été trahis! s'écria la duchesse. Ce jeune homme nous a trahis! Il savait tout!
Le roi était déjà loin: il avait disparu, avec toute son escorte, sous la porte Saint-Antoine, qui s'était ouverte devant lui et refermée derrière lui.