Sur cette insistance, et comme on le savait lui et son frère des plus familiers du duc, on le fit entrer dans l'un des salons du premier étage, où le prince consentait enfin à le recevoir.
Une demi-heure s'écoula, la nuit tombait insensiblement du ciel.
Le pas traînant et lourd du duc d'Anjou résonna dans la galerie; Henri, qui le reconnut, se prépara au cérémonial d'usage.
Mais le prince, qui paraissait fort pressé, dispensa vite son ambassadeur de ces formalités en lui prenant la main et en l'embrassant.
— Bonjour, comte, dit-il, pourquoi vous dérange-t-on pour venir voir un pauvre vaincu?
— Le roi m'envoie, monseigneur, vous prévenir qu'il a grand désir de voir
Votre Altesse, et que, pour la laisser reposer de ses fatigues, c'est Sa
Majesté qui se rendra au devant d'elle et qui viendra visiter Château-
Thierry demain au plus tard.
— Le roi viendra demain! s'écria François avec un mouvement d'impatience.
Mais il se reprit promptement.
— Demain, demain! dit-il, mais, en vérité, rien ne sera prêt au château ni dans la ville pour recevoir Sa Majesté.
Henri s'inclina en homme qui transmet un ordre, mais qui n'a point charge de le commenter.