—Monsieur le duc, dit le roi, je comprends, soyez tranquille; tous ceux qui sont nommés dans cette lettre seront punis comme ils le méritent, et la reine elle-même.

—Que dites-vous là, sire? Dieu me garde que, pour moi, la reine éprouve la moindre contrariété! elle m’a toujours cru son ennemi, sire, quoique Votre Majesté puisse attester que j’ai toujours pris chaudement son parti, même contre vous. Oh! si elle trahissait Votre Majesté à l’endroit de son honneur, ce serait autre chose, et je serais le premier à dire: «Pas de grâce, sire, pas de grâce pour la coupable!» Heureusement il n’en est rien, et Votre Majesté vient d’en acquérir une nouvelle preuve.

—C’est vrai, monsieur le cardinal, dit le roi, et vous aviez raison, comme toujours; mais la reine n’en mérite pas moins toute ma colère.

—C’est vous, sire, qui avez encouru la sienne; et véritablement quand elle bouderait sérieusement Votre Majesté, je le comprendrais: Votre Majesté l’a traitée avec une sévérité!...

—C’est ainsi que je traiterai toujours mes ennemis et les vôtres, duc, si haut placés qu’ils soient et quelque péril que je coure à agir sévèrement avec eux.

—La reine est mon ennemie, mais n’est pas la vôtre, sire; au contraire, elle est votre épouse dévouée, soumise et irréprochable; laissez-moi donc, sire, intercéder pour elle près de Votre Majesté.

—Qu’elle s’humilie alors, et qu’elle revienne à moi la première.

—Au contraire, sire, donnez l’exemple; vous avez eu le premier tort, puisque c’est vous qui avez soupçonné la reine.

—Moi, revenir le premier! dit le roi; jamais!

—Sire, je vous en supplie.