—Range-toi, d’Artagnan, range-toi! cria Athos, range-toi, je vais tirer.

—Messieurs! dit d’Artagnan, que la réflexion n’abandonnait jamais, messieurs, songez-y! De la patience, Athos. Vous vous engagez là dans une mauvaise affaire et vous allez être criblés. Voici mon valet et moi qui vous lâcherons trois coups de feu, autant vous arriveront de la cave; puis nous aurons encore nos épées, dont, je vous assure, mon ami et moi nous jouons passablement. Laissez-moi faire vos affaires et les miennes. Tout à l’heure vous aurez à boire, je vous en donne ma parole.

—S’il en reste, grogna la voix railleuse d’Athos.

L’hôtelier sentit une sueur froide couler le long de son échine.

—Comment, s’il en reste! murmura-t-il.

—Que diable! il en restera, reprit d’Artagnan; soyez donc tranquille, à eux deux ils n’auront pas bu toute la cave. Messieurs, remettez vos épées au fourreau.

—Eh bien! vous, remettez vos pistolets à votre ceinture.

—Volontiers.

Et d’Artagnan donna l’exemple. Puis, se retournant vers Planchet, il lui fit signe de désarmer son mousqueton.