De ta céleste main la palme à nos efforts.
Ces vers n’étaient pas excellents, il s’en fallait même de beaucoup; mais, on le sait, les puritains ne se piquaient pas de poésie.
Tout en chantant, milady écoutait: le soldat de garde à sa porte s’était arrêté comme s’il eût été changé en pierre. Milady put donc juger de l’effet qu’elle avait produit.
Alors elle continua son chant avec une ferveur et un sentiment inexprimables; il lui sembla que les sons se répandaient au loin sous les voûtes et allaient comme un charme magique adoucir les cœurs de ses geôliers. Cependant il paraît que le soldat en sentinelle, zélé catholique sans doute, secoua le charme, car à travers la porte:
—Taisez-vous donc, madame, dit-il, votre chanson est triste comme un De profundis, et si, outre l’agrément d’être en garnison ici, il faut encore y entendre de pareilles choses, ce sera à n’y point tenir.
—Silence! dit alors une voix grave, que milady reconnut pour celle de Felton; de quoi vous mêlez-vous, drôle! Vous a-t-on ordonné d’empêcher cette femme de chanter? Non. On vous a dit de la garder, de tirer sur elle si elle essayait de fuir. Gardez-la; si elle fuit, tuez-la; mais ne changez rien à la consigne.
Une expression de joie indicible éclaira le visage de milady, mais cette expression fut fugitive comme le reflet d’un éclair, et, sans paraître avoir entendu le dialogue dont elle n’avait pas perdu un mot, elle reprit en donnant à sa voix tout le charme, toute l’étendue et toute la séduction que le démon y avait mis:
Pour tant de pleurs, tant de misère,