Pour mon exil et pour mes fers,

J’ai ma jeunesse, ma prière,

Et Dieu, qui comptera les maux que j’ai soufferts.

Cette voix, d’une étendue inouïe et d’une passion sublime, donnait à la poésie rude et inculte de ces psaumes une magie et une expression que les puritains les plus exaltés trouvaient rarement dans les chants de leurs frères, et qu’ils étaient forcés d’orner de toutes les ressources de leur imagination: Felton crut entendre chanter l’ange qui consolait les trois Hébreux dans la fournaise.

Milady continua:

Mais le jour de la délivrance

Viendra pour nous, Dieu juste et fort;

Et s’il trompe notre espérance,

Il nous reste toujours le martyre et la mort.

Ce couplet, dans lequel la terrible enchanteresse s’efforça de mettre toute son âme, acheva de porter le désordre dans le cœur du jeune officier; il ouvrit brusquement la porte, et milady le vit apparaître pâle comme toujours, mais les yeux ardents et presque égarés.