»—Sur la croix! m’écriai-je en me relevant, car à cette voix abhorrée j’avais retrouvé toutes mes forces; sur la croix! je jure que nulle promesse, nulle menace, nulle torture ne me fermera la bouche; sur la croix! je jure de vous dénoncer partout comme un meurtrier, comme un larron d’honneur, comme un lâche; sur la croix! je jure, si jamais je parviens à sortir d’ici, de demander vengeance contre vous au genre humain entier.
»—Prenez garde! dit la voix avec un accent de menace que je n’avais pas encore entendu, j’ai un moyen suprême, que je n’emploierai qu’à la dernière extrémité, de vous fermer la bouche ou du moins d’empêcher qu’on croie un seul mot de ce que vous direz.
»Je rassemblai toutes mes forces pour répondre par un éclat de rire.
»Il vit que c’était entre nous désormais une guerre éternelle, une guerre à mort.
»—Écoutez, dit-il, je vous donne encore le reste de cette nuit et la journée de demain; réfléchissez: promettez de vous taire, la richesse, la considération, les honneurs même vous entoureront; menacez de parler, et je vous condamne à l’infamie.
»—Vous! m’écriai-je, vous!
»—A l’infamie éternelle, ineffaçable!
»—Vous! répétai-je.—Oh! je vous le dis, Felton, je le croyais insensé!
»—Oui, moi! reprit-il.
»—Ah! laissez-moi, lui dis-je, sortez, si vous ne voulez pas qu’à vos yeux je me brise la tête contre la muraille!