—Écoute, ma chère enfant, lui dit d’Artagnan, tu comprends qu’il faut que tout cela finisse d’une façon ou de l’autre; milady peut découvrir que tu as remis le premier billet à mon valet, au lieu de le remettre au valet du comte; que c’est moi qui ai décacheté les autres qui devaient être décachetés par M. de Wardes; alors milady te chasse, et, tu la connais, ce n’est pas une femme à borner là sa vengeance.
—Hélas! dit Ketty, pour qui me suis-je exposée à tout cela?
—Pour moi, je le sais bien, ma toute belle, dit le jeune homme, aussi je t’en suis bien reconnaissant, je te le jure.
—Mais enfin, que contient votre billet?
—Milady te le dira.
—Ah! vous ne m’aimez pas! s’écria Ketty, et je suis bien malheureuse!
A ce reproche il y a une réponse à laquelle les femmes se trompent toujours; d’Artagnan répondit de manière que Ketty demeurât dans la plus grande erreur.
Cependant elle pleura beaucoup avant de se décider à remettre cette lettre à milady; mais enfin elle se décida, c’était tout ce que voulait d’Artagnan.
D’ailleurs il lui promit que le soir il sortirait de bonne heure de chez sa maîtresse, et qu’en sortant de chez sa maîtresse il monterait chez elle.
Cette promesse acheva de consoler la pauvre Ketty.