Tout à coup, au détour du chemin, elle vit reluire des chapeaux galonnés et flotter des plumes; elle compta deux, puis cinq, puis huit cavaliers; l’un d’eux précédait tous les autres de deux longueurs de cheval.
Milady poussa un gémissement étouffé. Dans celui qui tenait la tête elle reconnut d’Artagnan.
—Oh! mon Dieu! mon Dieu! s’écria madame Bonacieux. qu’y a-t-il donc?
—Ce sont les gardes de M. le cardinal; pas un instant à perdre! s’écria milady. Fuyons, fuyons!
—Oui, oui, fuyons! répéta madame Bonacieux, mais sans pouvoir faire un pas, clouée qu’elle était à sa place par la terreur.
On entendit les cavaliers qui passaient sous la fenêtre.
—Venez donc! mais venez donc! s’écriait milady en essayant de traîner la jeune femme par le bras. Grâce au jardin, nous pouvons fuir encore, j’ai la clé; mais hâtons-nous, dans cinq minutes il serait trop tard.
Madame Bonacieux essaya de marcher, fit deux pas et tomba sur ses genoux. Milady voulut la soulever et l’emporter, mais elle ne put en venir à bout.
En ce moment on entendit le roulement de la voiture, qui à la vue des mousquetaires partait au galop. Puis, trois ou quatre coups de feu retentirent.
—Une dernière fois, voulez-vous venir? s’écria milady.