—Oh! mon Dieu! mon Dieu! vous voyez bien que les forces me manquent; vous voyez bien que je ne puis marcher: fuyez seule.
—Fuir seule! vous laisser ici! non, non, jamais, s’écria milady.
Tout à coup elle resta debout, un éclair livide jaillit de ses yeux; elle courut à la table, versa dans le verre de madame Bonacieux le contenu d’un chaton de bague qu’elle ouvrit avec une promptitude singulière.
C’était un grain rougeâtre qui se fondit aussitôt.
Puis, prenant le verre d’une main ferme:
—Buvez, dit-elle, ce vin vous donnera des forces, buvez. Et elle approcha le verre des lèvres de la jeune femme, qui but machinalement.
—Ah! ce n’est pas ainsi que je voulais me venger, dit milady, en reposant avec un sourire infernal le verre sur la table; mais, ma foi! on fait ce qu’on peut.
Et elle s’élança hors de l’appartement.