Et tout en lui parlant, Athos regardait avec attention le saphir entouré de diamants qui avait pris au doigt de d’Artagnan la place de la bague de la reine, soigneusement remise dans un écrin.

—Vous regardez cette bague? dit le Gascon tout glorieux d’étaler aux regards de ses amis un si riche présent.

—Oui, dit Athos, elle me rappelle un bijou de famille.

—Elle est belle, n’est-ce pas? dit d’Artagnan.

—Magnifique! répondit Athos; je ne croyais pas qu’il existât deux saphirs d’une si belle eau. L’avez-vous donc troquée contre votre diamant?

—Non, dit d’Artagnan; c’est un cadeau de ma belle Anglaise, ou plutôt de ma belle Française: car, quoique je ne le lui aie point demandé, je suis convaincu qu’elle est née en France.

—Cette bague vous vient de milady? s’écria Athos avec une voix dans laquelle il était facile de distinguer une grande émotion.

—D’elle-même; elle me l’a donnée cette nuit.

—Montrez-moi donc cette bague, dit Athos.

—La voici, répondit d’Artagnan en la tirant de son doigt.