«Oh! la malheureuse! s’écria le commissaire.

— Comment? que dites-vous? de qui parlez-vous? Ce n’est pas de ma femme, j’espère!

— Au contraire, c’est d’elle. Votre affaire est bonne, allez.

— Ah çà, s’écria le mercier exaspéré, faites-moi le plaisir de me dire, monsieur, comment mon affaire à moi peut s’empirer de ce que fait ma femme pendant que je suis en prison!

— Parce que ce qu’elle fait est la suite d’un plan arrêté entre vous, plan infernal!

— Je vous jure, monsieur le commissaire, que vous êtes dans la plus profonde erreur, que je ne sais rien au monde de ce que devait faire ma femme, que je suis entièrement étranger à ce qu’elle a fait, et que, si elle a fait des sottises, je la renie, je la démens, je la maudis.

— Ah çà, dit Athos au commissaire, si vous n’avez plus besoin de moi ici, renvoyez-moi quelque part, il est très ennuyeux, votre monsieur Bonacieux.

— Reconduisez les prisonniers dans leurs cachots, dit le commissaire en désignant d’un même geste Athos et Bonacieux, et qu’ils soient gardés plus sévèrement que jamais.

— Cependant, dit Athos avec son calme habituel, si c’est à M. d’Artagnan que vous avez affaire, je ne vois pas trop en quoi je puis le remplacer.

— Faites ce que j’ai dit! s’écria le commissaire, et le secret le plus absolu! Vous entendez!»