Athos suivit ses gardes en levant les épaules, et M. Bonacieux en poussant des lamentations à fendre le coeur d’un tigre.

On ramena le mercier dans le même cachot où il avait passé la nuit, et l’on l’y laissa toute la journée. Toute la journée Bonacieux pleura comme un véritable mercier, n’étant pas du tout homme d’épée, il nous l’a dit lui-même.

Le soir, vers les neuf heures, au moment où il allait se décider à se mettre au lit, il entendit des pas dans son corridor. Ces pas se rapprochèrent de son cachot, sa porte s’ouvrit, des gardes parurent.

«Suivez-moi, dit un exempt qui venait à la suite des gardes.

— Vous suivre! s’écria Bonacieux; vous suivre à cette heure-ci! et où cela, mon Dieu?

— Où nous avons l’ordre de vous conduire.

— Mais ce n’est pas une réponse, cela.

— C’est cependant la seule que nous puissions vous faire.

— Ah! mon Dieu, mon Dieu, murmura le pauvre mercier, pour cette fois je suis perdu!»

Et il suivit machinalement et sans résistance les gardes qui venaient le quérir.