— Non, dit Athos; aussi venez dans mes bras, mon fils!

— Mordieu! dit Porthos en sanglotant, je crois que je pleure; comme c'est bête!

Et les quatre amis se jetèrent en un seul groupe dans les bras les uns des autres. Ces quatre hommes, réunis par l'étreinte fraternelle, n'eurent certes qu'une âme en ce moment.

Blaisois et Grimaud devaient suivre Athos et Aramis.

Mousqueton suffisait à Porthos et à d'Artagnan.

On partagea, comme on avait toujours fait, l'argent avec une fraternelle régularité; puis après s'être individuellement serré la main et s'être mutuellement réitéré l'assurance d'une amitié éternelle, les quatre gentilshommes se séparèrent pour prendre chacun la route convenue, non sans se retourner, non sans se renvoyer encore d'affectueuses paroles que répétaient les échos de la dune.

Enfin ils se perdirent de vue.

— Sacrebleu! d'Artagnan, dit Porthos, il faut que je vous dise cela tout de suite, car je ne saurais jamais garder sur le coeur quelque chose contre vous, je ne vous ai pas reconnu dans cette circonstance!

— Pourquoi? demanda d'Artagnan avec son fin sourire.

— Parce que si, comme vous le dites, Athos et Aramis courent un véritable danger, ce n'est pas le moment de les abandonner. Moi, je vous avoue que j'étais tout prêt à les suivre et que je le suis encore à les rejoindre malgré tous les Mazarins de la terre.