— Non, Monseigneur.
— Vraiment!
Le duc se mit à chanter:
Monsieur d'Elbeuf et ses enfants Font rage à la place Royale. Ils vont tous quatre piaffant, Monsieur d'Elbeuf et ses enfants. Mais sitôt qu'il faut battre aux champs, Adieu leur humeur martiale. Monsieur d'Elbeuf et ses enfants Font rage à la place Royale
— Mais, reprit Athos, il n'en est pas ainsi avec le coadjuteur, j'espère?
— Ah! bien oui! avec le coadjuteur, c'est pis encore. Dieu vous garde des prélats brouillons, surtout quand ils portent une cuirasse sous leur simarre! Au lieu de se tenir tranquille dans son évêché à chanter des Te Deum pour les victoires que nous ne remportons pas, ou pour les victoires où nous sommes battus, savez-vous ce qu'il fait?
— Non.
— Il lève un régiment auquel il donne son nom, le régiment de Corinthe. Il fait des lieutenants et des capitaines ni plus ni moins qu'un maréchal de France, et des colonels comme le roi.
— Oui, dit Aramis; mais lorsqu'il faut se battre, j'espère qu'il se tient à son archevêché?
— Eh bien! pas du tout, voilà ce qui vous trompe, mon cher d'Herblay! Lorsqu'il faut se battre, il se bat; de sorte que comme la mort de son oncle lui a donné siège au parlement, maintenant on l'a sans cesse dans les jambes; au parlement, au conseil, au combat. Le prince de Conti est général en peinture, et quelle peinture! Un prince bossu! Ah! tout cela va bien mal, messieurs, tout cela va bien mal!