— Passez devant, je vous suis.
— Comme disait le feu cardinal au feu roi: «Pour vous montrer le chemin, sire.»
Et Aramis monta lestement à l'échelle, et en un instant il eut atteint la fenêtre.
D'Artagnan monta derrière lui, mais plus doucement; on voyait que ce genre de chemin lui était moins familier qu'à son ami.
— Pardon, dit Aramis en remarquant sa gaucherie: si j'avais su avoir l'honneur de votre visite, j'aurais fait apporter l'échelle du jardinier; mais pour moi seul, celle-ci est suffisante.
— Monsieur, dit Planchet lorsqu'il vit d'Artagnan sur le point d'achever son ascension, cela va bien pour M. Aramis, cela va encore pour vous, cela, à la rigueur, irait aussi pour moi, mais les deux chevaux ne peuvent pas monter l'échelle.
— Conduisez-les sous ce hangar, mon ami, dit Aramis en montrant à Planchet une espèce de fabrique qui s'élevait dans la plaine, vous y trouverez de la paille et de l'avoine pour eux.
— Mais pour moi? dit Planchet.
— Vous reviendrez sous cette fenêtre, vous frapperez trois fois dans vos mains, et nous vous ferons passer des vivres. Soyez tranquille, morbleu! on ne meurt pas de faim ici, allez!
Et Aramis, retirant l'échelle, ferma la fenêtre.