— Ah! mon pauvre ami! dit Aramis, vous trouverez maigre chère, on ne vous attendait pas.
— Est-ce que je suis menacé de l'omelette de Crèvecoeur et des théobromes en question? N'est-ce pas comme cela que vous appeliez autrefois les épinards?
— Oh! il faut espérer, dit Aramis, qu'avec l'aide de Dieu et de Bazin nous trouverons quelque chose de mieux dans le garde-manger des dignes pères jésuites.
— Bazin, mon ami, dit Aramis, Bazin, venez ici.
La porte s'ouvrit et Bazin parut; mais, en apercevant d'Artagnan, il poussa une exclamation qui ressemblait à un cri de désespoir.
— Mon cher Bazin, dit d'Artagnan, je suis bien aise de voir avec quel admirable aplomb vous mentez, même dans une église.
— Monsieur, dit Bazin, j'ai appris des dignes pères jésuites qu'il était permis de mentir lorsqu'on mentait dans une bonne intention.
— C'est bien, c'est bien, Bazin, d'Artagnan meurt de faim et moi aussi, servez-nous à souper de votre mieux, et surtout, montez- nous du bon vin.
Bazin s'inclina en signe d'obéissance, poussa un gros soupir et sortit.
— Maintenant que nous voilà seuls, mon cher Aramis, dit d'Artagnan en ramenant ses yeux de l'appartement au propriétaire et en achevant par les habits l'examen commencé par les meubles, dites-moi, d'où diable veniez-vous lorsque vous êtes tombé en croupe derrière Planchet?