— Ah çà mais, s'écria Aramis, que fait donc cet animal de Bazin? Bazin! dépêchons-nous donc, monsieur le drôle! nous enrageons de faim et de soif!
Bazin, qui entrait en ce moment, leva au ciel ses mains chargées chacune d'une bouteille.
— Enfin, dit Aramis, sommes-nous prêts, voyons?
— Oui, monsieur, à l'instant même, dit Bazin; mais il m'a fallu le temps de monter toutes les…
— Parce que vous vous croyez toujours votre simarre de bedeau sur les épaules, interrompit Aramis, et que vous passez tout votre temps à lire votre bréviaire. Mais je vous préviens que si, à force de polir toutes les affaires qui sont dans les chapelles, vous désappreniez à fourbir mon épée, j'allume un grand feu de toutes vos images bénites et je vous y fais rôtir.
Bazin scandalisé fit un signe de croix avec la bouteille qu'il tenait. Quant à d'Artagnan, plus surpris que jamais du ton et des manières de l'abbé d'Herblay, qui contrastaient si fort avec celles du mousquetaire Aramis, il demeurait les yeux écarquillés en face de son ami.
Bazin couvrit vivement la table d'une nappe damassée, et sur cette nappe rangea tant de choses dorées, parfumées, friandes, que d'Artagnan en demeura tout ébahi.
— Mais vous attendiez donc quelqu'un? demanda l'officier.
— Heu! dit Aramis, j'ai toujours un en-cas; puis je savais que vous me cherchiez.
— Par qui?