— Ainsi, vous êtes riche et libre? dit d'Artagnan.

— Hélas! dit Porthos, je suis veuf et j'ai quarante mille livres de rente. Allons déjeuner, voulez-vous?

— Je le veux fort, dit d'Artagnan; l'air du matin m'a mis en appétit.

— Oui, dit Porthos, mon air est excellent.

Ils entrèrent dans le château; ce n'étaient que dorures du haut en bas, les corniches étaient dorées, les moulures étaient dorées, les bois des fauteuils étaient dorés.

Une table toute servie attendait.

— Vous voyez, dit Porthos, c'est mon ordinaire.

— Peste, dit d'Artagnan, je vous en fais mon compliment: le roi n'en a pas un pareil.

— Oui, dit Porthos, j'ai entendu dire qu'il était fort mal nourri par M. de Mazarin. Goûtez cette côtelette, mon cher d'Artagnan, c'est de mes moutons.

— Vous avez des moutons fort tendres, dit d'Artagnan, et je vous en félicite.