— Mais, au moins, dis-moi ce que contiendra ce fameux pâté, si tu ne veux pas que je devienne fou.
— Monseigneur, dit Grimaud, il contiendra deux poignards, une corde à noeud et une poire d'angoisse.
— Bien, je comprends.
— Monseigneur voit qu'il y en aura pour tout le monde.
— Nous prendrons pour nous les poignards et la corde, dit le duc.
— Et nous ferons manger la poire à La Ramée, répondit Grimaud.
— Mon cher Grimaud, dit le duc, tu ne parles pas souvent, mais quand tu parles, c'est une justice à te rendre, tu parles d'or.
XXII. Une aventure de Marie Michon
Vers la même époque où ces projets d'évasion se tramaient entre le duc de Beaufort et Grimaud, deux hommes à cheval, suivis à quelques pas par un laquais, entraient dans Paris par la rue du faubourg Saint-Marcel. Ces deux hommes, c'étaient le comte de La Fère et le vicomte de Bragelonne.
C'était la première fois que le jeune homme venait à Paris, et Athos n'avait pas mis grande coquetterie en faveur de la capitale, son ancienne amie, en la lui montrant de ce côté. Certes, le dernier village de la Touraine était plus agréable à la vue que Paris vu sous la face avec laquelle il regarde Blois. Aussi faut- il le dire à la honte de cette ville tant vantée, elle produisit un médiocre effet sur le jeune homme.