— Merci, Monseigneur. Me voilà aux ordres de Votre Éminence, ainsi que M. du Vallon, celui de mes anciens amis, celui qui déguisait sa noblesse sous le nom de Porthos.

Porthos salua le cardinal.

— Un cavalier magnifique, dit Mazarin.

Porthos tourna la tête à droite et à gauche, et fit des mouvements d'épaule pleins de dignité.

— La meilleure épée du royaume, Monseigneur, dit d'Artagnan, et bien des gens le savent qui ne le disent pas et qui ne peuvent pas le dire.

Porthos salua d'Artagnan.

Mazarin aimait presque autant les beaux soldats que Frédéric de Prusse les aima plus tard. Il se mit à admirer les mains nerveuses, les vastes épaules et l'oeil fixe de Porthos. Il lui sembla qu'il avait devant lui le salut de son ministère et du royaume, taillé en chair et en os. Cela lui rappela que l'ancienne association des mousquetaires était formée de quatre personnes.

— Et vos deux autres amis? demanda Mazarin.

Porthos ouvrait la bouche, croyant que c'était l'occasion de placer un mot à son tour. D'Artagnan lui fit un signe du coin de l'oeil.

— Nos autres amis sont empêchés en ce moment, ils nous rejoindront plus tard.