Mazarin toussa légèrement.
— Et monsieur, plus libre qu'eux, reprendra volontiers du service? demanda Mazarin.
— Oui, Monseigneur, et cela par un dévouement, car M. de Bracieux est riche.
— Riche? dit Mazarin, à qui ce seul mot avait toujours le privilège d'inspirer une grande considération.
— Cinquante mille livres de rente, dit Porthos.
C'était la première parole qu'il avait prononcée.
— Par pur dévouement, reprit Mazarin avec son fin sourire, par pur dévouement alors?
— Monseigneur ne croit peut-être pas beaucoup à ce mot-là? demanda d'Artagnan.
— Et vous, monsieur le Gascon? dit Mazarin en appuyant ses deux coudes sur son bureau et son menton dans ses deux mains.
— Moi, dit d'Artagnan, je crois au dévouement comme à un nom de baptême, par exemple, qui doit être naturellement suivi d'un nom de terre. On est d'un naturel plus ou moins dévoué, certainement; mais il faut toujours qu'au bout d'un dévouement il y ait quelque chose.