— Je tâcherai, jusqu'à la première maison.
— Comment faire? dit d'Artagnan, il faut cependant que nous revenions à Paris.
— Je me charge de Mousqueton, dit Grimaud.
— Merci, mon bon Grimaud! dit Porthos.
Grimaud mit pied à terre et alla donner le bras à son ancien ami, qui l'accueillit les larmes aux yeux, sans que Grimaud pût positivement savoir si ces larmes venaient du plaisir de le revoir ou de la douleur que lui causait blessure.
Quant à d'Artagnan et à Porthos, ils continuèrent silencieusement leur route vers Paris.
Trois heures après, ils furent dépassés par une espèce de courrier couvert de poussière: c'était un homme envoyé par le duc et qui portait au cardinal une lettre dans laquelle, comme l'avait promis le prince, il rendait témoignage de ce qu'avaient fait Porthos et d'Artagnan.
Mazarin avait passé une fort mauvaise nuit lorsqu'il reçut cette lettre, dans laquelle le prince lui annonçait lui-même qu'il était en liberté et qu'il allait lui faire une guerre mortelle.
Le cardinal la lut deux ou trois fois, puis la pliant et la mettant dans sa poche:
— Ce qui me console, dit-il, puisque d'Artagnan l'a manqué, c'est qu'au moins en courant après lui il a écrasé Broussel. Décidément le Gascon est un homme précieux, et il me sert jusque dans ses maladresses.