— Monseigneur, répondit Raoul en rougissant, pourrait interroger le prisonnier espagnol.

— Vous avez fait un prisonnier espagnol? s'écria le prince.

— Oui, Monseigneur.

— Ah! c'est vrai, répondit de Guiche, je l'avais oublié.

— C'est tout simple, c'est vous qui l'avez fait, comte, dit Raoul en souriant.

Le vieux maréchal se retourna vers le vicomte reconnaissant de cet éloge donné à son fils, tandis que le prince s'écriait:

— Le jeune homme a raison, qu'on amène le prisonnier.

Pendant ce temps, le prince prit de Guiche à part et l'interrogea sur la manière dont ce prisonnier avait été fait, et lui demanda quel était ce jeune homme.

— Monsieur, dit le prince en revenant vers Raoul, je sais que vous avez une lettre de ma soeur, madame de Longueville, mais je vois que vous avez préféré vous recommander vous-même en me donnant un bon avis.

— Monseigneur, dit Raoul en rougissant, je n'ai point voulu interrompre Votre Altesse dans une conversation aussi importante que celle qu'elle avait entamée avec M. le comte. Mais voici la lettre.