— C'est bien, dit le prince, vous me la donnerez plus tard. Voici le prisonnier, pensons au plus pressé.

En effet, on amenait le partisan. C'était un de ces condottieri comme il en restait encore à cette époque, vendant leur sang à qui voulait l'acheter et vieillis dans la ruse et le pillage. Depuis qu'il avait été pris, il n'avait pas prononcé une seule parole; de sorte que ceux qui l'avaient pris ne savaient pas eux-mêmes à quelle nation il appartenait.

Le prince le regarda d'un air d'indicible défiance.

— De quelle nation es-tu? demanda le prince.

Le prisonnier répondit quelques mots en langue étrangère.

— Ah! ah! il paraît qu'il est Espagnol. Parlez-vous espagnol,
Grammont?

— Ma foi, Monseigneur, fort peu.

— Et moi, pas du tout, dit le prince en riant; messieurs, ajouta- t-il en se retournant vers ceux qui l'environnaient, y a-t-il parmi vous quelqu'un qui parle espagnol et qui veuille me servir d'interprète?

— Moi, Monseigneur, dit Raoul.

— Ah! vous parlez espagnol?