— Je ne vous comprends pas, monsieur, dit Raoul.
D'Artagnan se leva, alla à son secrétaire, prit une lettre et la présenta à Raoul.
Dès que Raoul eut parcouru le papier, ses regards se troublèrent.
— Oh! mon Dieu, dit-il en levant ses beaux yeux tout humides de larmes sur d'Artagnan, M. le comte a donc quitté Paris sans me voir?
— Il est parti il y a quatre jours, dit d'Artagnan.
— Mais sa lettre semble indiquer qu'il court un danger de mort.
— Ah bien oui; lui, courir un danger de mort! soyez tranquille: non, il voyage pour affaire et va revenir bientôt; vous n'avez pas de répugnance, je l'espère, à m'accepter pour tuteur par intérim?
— Oh! non, monsieur d'Artagnan, dit Raoul, vous êtes si brave gentilhomme et M. le comte de La Fère vous aime tant!
— Eh! mon Dieu! aimez-moi aussi; je ne vous tourmenterai guère, mais à la condition que vous serez frondeur, mon jeune ami, et très frondeur même.
— Mais puis-je continuer de voir madame de Chevreuse?