— Je le crois mordieu bien! et M. le coadjuteur aussi, et madame de Longueville aussi; et si le bonhomme Broussel était là, que vous avez si étourdiment contribué à faire arrêter, je vous dirais: Faites vos excuses bien vite à M. Broussel et embrassez-le sur les deux joues.
— Allons, monsieur, je vous obéirai, quoique je ne vous comprenne pas.
— C'est inutile que vous compreniez. Tenez, continua d'Artagnan en se tournant vers la porte qu'on venait d'ouvrir, voici M. du Vallon qui nous arrive avec ses habits tout déchirés.
— Oui, mais en échange, dit Porthos ruisselant de sueur et tout souillé de poussière, en échange j'ai déchiré bien des peaux. Ces croquants ne voulaient-ils pas m'ôter mon épée! Peste! quelle émotion populaire! continua le géant avec son air tranquille; mais j'en ai assommé plus de vingt avec le pommeau de Balizarde… Un doigt de vin, d'Artagnan.
— Oh! je m'en rapporte à vous, dit le Gascon en remplissant le verre de Porthos jusqu'au bord; mais quand vous aurez bu, dites- moi votre opinion.
Porthos avala le verre d'un trait; puis, quand il l'eut posé sur la table et qu'il eut sucé sa moustache:
— Sur quoi? dit-il.
— Tenez, reprit d'Artagnan, voici monsieur de Bragelonne qui voulait à toute force aider à l'arrestation de Broussel et que j'ai eu grand peine à empêcher de défendre M. de Comminges!
— Peste! dit Porthos; et le tuteur, qu'aurait-il dit s'il eût appris cela?
— Voyez-vous, interrompit d'Artagnan; frondez, mon ami, frondez et songez que je remplace M. le comte en tout.