— C'est vous qui n'êtes pas une femme, murmura Mazarin.
Puis, après un instant de rêverie, il se souvint que d'Artagnan et
Porthos devaient être là, et par conséquent avaient tout entendu.
Il fronça le sourcil et alla droit à la tapisserie, qu'il souleva;
le cabinet était vide.
Au dernier mot de la reine, d'Artagnan avait pris Porthos par la main et l'avait entraîné vers la galerie.
Mazarin entra à son tour dans la galerie et trouva les deux amis qui se promenaient.
— Pourquoi avez-vous quitté le cabinet, monsieur d'Artagnan? dit
Mazarin.
— Parce que, dit d'Artagnan, la reine a ordonné à tout le monde de sortir et que j'ai pensé que cet ordre était pour nous comme pour les autres.
— Ainsi vous êtes ici depuis…
— Depuis un quart d'heure à peu près, dit d'Artagnan en regardant
Porthos et en lui faisant signe de ne pas le démentir.
Mazarin surprit ce signe et demeura convaincu que d'Artagnan avait tout vu et tout entendu, mais il lui sut gré du mensonge.
— Décidément, monsieur d'Artagnan, vous êtes l'homme que je cherchais, et vous pouvez compter sur moi ainsi que votre ami.