— Il y en a une qui vient justement d'arriver.
Et elle donna la lettre à d'Artagnan.
— D'Athos! s'écria d'Artagnan en reconnaissant l'écriture ferme et allongée de leur ami.
— Ah! fit Porthos, voyons un peu quelles choses il dit.
D'Artagnan ouvrit la lettre et lut:
«Cher d'Artagnan, cher du Vallon, mes bons amis, peut-être recevez-vous de mes nouvelles pour la dernière fois. Aramis et moi nous sommes bien malheureux; mais Dieu, notre courage et le souvenir de notre amitié nous soutiennent. Pensez bien à Raoul. Je vous recommande les papiers qui sont à Blois, et dans deux mois et demi, si vous n'avez pas reçu de nos nouvelles, prenez-en connaissance. Embrassez le vicomte de tout votre coeur pour votre ami dévoué,
«ATHOS.»
— Je le crois pardieu bien, que je l'embrasserai, dit d'Artagnan, avec cela qu'il est sur notre route, et s'il a le malheur de perdre notre pauvre Athos, de ce jour, il devient mon fils.
— Et moi, dit Porthos, je le fais mon légataire universel.
— Voyons, que dit encore Athos?