— Je l'ai entendu de mes propres oreilles.
Le roi poussa un soupir profond, comme si son coeur se brisait, et laissa tomber sa tête entre ses mains.
— Oh! les Écossais! dit-il, les Écossais! que j'appelais mes fidèles; les Écossais! à qui je m'étais confié, quand je pouvais fuir à Oxford; les Écossais! mes compatriotes; les Écossais! mes frères! Mais en êtes-vous bien sûr, monsieur?
— Couché derrière la tente du comte de Loewen, dont j'avais soulevé la toile, j'ai tout vu, tout entendu.
— Et quand doit se consommer cet odieux marché?
— Aujourd'hui, dans la matinée. Comme le voit Votre Majesté, il n'y a pas de temps à perdre.
— Pour quoi faire, puisque vous dites que je suis vendu?
— Pour traverser la Tyne, pour gagner l'Écosse, pour rejoindre lord Montrose, qui ne vous vendra pas, lui.
— Et que ferais-je en Écosse? une guerre de partisans? une pareille guerre est indigne d'un roi.
— L'exemple de Robert Bruce est là pour vous absoudre, sire.