— Alors, dit le roi, en avant! et partons.
— Le donnez-vous, sire? demanda Athos.
— Non, je vous nomme mon lieutenant général, dit le roi.
— Écoutez alors, milord de Winter, dit Athos; éloignez-vous,
Sire, je vous prie; ce que nous allons dire ne regarde pas Votre
Majesté.
Le roi fit en souriant trois pas en arrière.
— Voici ce que je propose, continua Athos. Nous divisons notre régiment en deux escadrons; vous vous mettez à la tête du premier; Sa Majesté et nous à la tête du second; si rien ne vient nous barrer le passage, nous chargeons tous ensemble pour forcer la ligne ennemie et nous jeter dans la Tyne, que nous traversons, soit à gué, soit à la nage; si au contraire on nous pousse quelque obstacle sur le chemin, vous et vos hommes vous vous faites tuer jusqu'au dernier, nous et le roi nous continuons notre route: une fois arrivés au bord de la rivière, fussent-ils sur trois rangs d'épaisseur, si votre escadron fait son devoir, cela nous regarde.
— À cheval! dit de Winter.
— À cheval! dit Athos, tout est prévu et décidé.
— Alors, messieurs, dit le roi, en avant! rallions-nous à l'ancien cri de France: Montjoie et Saint-Denis! Le cri de l'Angleterre est répété maintenant par trop de traîtres.
On monta à cheval, le roi sur le cheval de de Winter, de Winter sur le cheval du roi; puis de Winter se mit au premier rang du premier escadron, et le roi, ayant Athos à sa droite et Aramis à sa gauche, au premier rang du second.