Et, d'abord, je n'ai pas inventé la rose mousseuse;
—Mille, jardinier anglais, a inventé la rosa muscosa; mais madame de Genlis, qui l'a apportée en France, à cause de quoi il lui sera beaucoup pardonné, la produisit sous le nom de rosé mousseuse,—voir dans ses Mémoires;—lis-les, pendant que je relirai les tiens, je serai vengé.
À cheval donné, on ne regarde pas à la bride; on ne chicana pas madame de Genlis sur le nom qu'elle donnait à cette belle fleur, et ce nom fut accepté; pas plus qu'on ne la chicana sur le nom de Paméla,—qu'elle a bien donné à cette belle lady Fitz-Gérald, qu'elle avait également rapportée d'Angleterre, en même temps que la rose … moussue.
Tu partages l'opinion des Arabes, qui poussent si loin l'hospitalité et la générosité, qu'ils disent qu'on peut voler pour donner. Tu dépouilles cette pauvre vieille pour orner ton ami.
Je suis bien de ton avis, moussue serait mieux que mousseuse,—mousseuse est une faute de français; aussi, désormais, je dirai rose moussue; c'est par lâcheté que je prononçais mousseuse. Je me disais: « Il faut hurler avec les loups. » Ces jardiniers, et quels jardiniers!—tu vas le voir tout à l'heure,—disent rose mousseuse.
Tu me rirais au nez si je te disais: le dictionnaire de l'Académie accepte rose mousseuse, en protestant, il est vrai, mais il l'accepte;—mais écoute un peu si ceux qui disent rose mousseuse ont le droit d'avoir voix au chapitre.
M. Hardy, qui a créé trois roses au moins, la rose Hardy, le triomphe du Luxembourg, et madame Hardy,—la plus belle des roses blanches,— dit rose mousseuse.
De même que:
M. Vibert, auquel on doit Cristata, Adèle Mauzé, Jacques Laffitte;
M. Laffay,—le père du prince Albert, de la duchesse de Sutherland, de la rose de la Reine et de la rose Louis-Bonaparte, qui, née en 1842, était alors dédiée au roi de Hollande;