On arriva à quatre heures à l'auberge de la Lune, et l'on trouva la table prête. Selon la recommandation de Jacques Mérey, on l'avait dressée à l'extrémité du petit jardin de l'auberge qui dominait toute la plaine de Valmy.
Jacques Mérey et ses volontaires étaient juste postés à la place où, le jour de la bataille, étaient placés le roi de Prusse, Brunswick et l'état-major.
La plaine était couverte de moissons.
Des ondulations indiquaient les endroits où les Prussiens morts étaient couchés dans de grandes fosses.
Partout où ces ondulations se manifestaient, une végétation plus vive attestait la présence de cet engrais animal qu'on appelle l'homme, et qui a seul l'honneur de pouvoir faire concurrence au guano.
Grâce à ces jalons, la démonstration devenait facile pour Jacques Mérey.
À un kilomètre à peu près, au fond d'une petite vallée ayant quelque ressemblance avec celle de Waterloo, les ondulations s'arrêtaient.
Les Prussiens n'avaient pas même atteint le pied de la colline de Valmy.
Sur cette colline étaient Kellermann, ses seize mille hommes et sa batterie de canons.
Derrière lui, sur le mont Ivron, les six mille hommes qu'y avait fait filer Dumouriez pour empêcher son collègue d'être tourné.