—La mort me prouvera tout à l'heure par le repos que j'ai cessé de vivre.
Un autre releva la tête et me regarda d'un air égaré et d'un œil sanglant:
—Tu sais donc ce que c'est que la mort? me demanda-t-il?
—Non, mais dans un instant je vais le savoir.
—Quel crime as-tu commis pour qu'on te fasse mourir avec nous?
—Aucun.
—Et tu meurs, cependant!
Puis, comme si ce blasphème pouvait atteindre le créateur de toutes choses:
—Il n'y a pas de Dieu! il n'y a pas de Dieu! il n'y a pas de Dieu! cria-t-il.
Pauvre misérable humanité qui croit un Dieu individuel, et qui, dans son orgueil, pense que ce Dieu n'a autre chose à faire que de la suivre de sa naissance à sa mort! et qui, à chaque instant, pour satisfaire un caprice ou pour lui épargner une souffrance, le prie... de déranger par un miracle l'ordre immuable de la nature.