Lorsque je fus habillée, je descendis par le jardin et montai sur mon échafaudage.
Il faisait beau comme en été, je fus éblouie, en jetant les yeux dans l'intérieur de ma chambre, de la voir complètement changée en un parterre de fleurs.
Pardon de m'appuyer sur tous ces détails; mais, sur le point d'avouer une grande faute, il faut bien que je cherche dans la nature tout entière des excuses à ma faiblesse.
Une espèce de tente accolée à la maison figurait ma chambre, peinte à la manière du commencement du seizième siècle.
On avait substitué à la fenêtre, une fenêtre en ogive qui s'adaptait à merveille sur l'autre.
À mon arrivée au balcon, elle était fermée, mais destinée à s'ouvrir de mon côté, c'est-à-dire du côté opposé où elle s'ouvrait.
À travers les carreaux peints, je vis entrer Talma. Il s'arrêta un instant, ne sachant où poser le pied, tant le parquet était couvert de fleurs, puis il vint prendre sa place au pied de mon balcon.
Une main invisible frappa trois coups.
Les rideaux de la porte s'ouvrirent.
Tous les spectateurs du salon poussèrent un cri d'étonnement, personne ne s'attendait au charmant tableau de Miéris que faisait ma fenêtre, éclairée en dedans et toute sillonnée de branches de clématite, de jasmin et de chèvrefeuille.