—Le fait est, Éva, reprit Jacques, que, si vous vouliez m'accompagner dans ce voyage, vous me rendriez un grand service.

—Me voilà, partons, plus vous me ferez souffrir, Jacques, plutôt je serai pardonnée de Dieu et de vous.

—Si cependant, reprit vivement Jacques, ce sacrifice est au-dessus de vos forces!

—Il n'y a qu'une chose qui soit au-dessus de mes forces, c'est de ne plus vous aimer.

—Éva!

—Pardon, c'est de toutes les promesses que je vous ai faites celle qui est la plus difficile à tenir; il faut être indulgent pour moi à cet égard, mon ami. Quand partons-nous?

—Demain soir, si vous voulez.

—Ma volonté est la vôtre; demain soir je serai prête.

Jacques envoya retenir les trois places du coupé de la diligence, et le lendemain soir, après avoir été jeter dans la journée un regard sur le château de Chazelay et sur la maison du bois Joseph, qui était prête à recevoir ses maîtres, il partit avec Éva pour Paris.

À cette époque on mettait encore deux jours pour venir d'Argenton à Paris. Jacques arriva à sept heures du soir.