Lorsqu'elle revint à elle, elle se trouva dans la sacristie. Jacques Mérey était à ses genoux et la serrait contre son cœur.

Et l'air retentissait des cris de:

—Vive le docteur Mérey! vive mademoiselle de Chazelay!

CONCLUSION

Les évanouissements causés par la joie ne sont, quoi qu'on en dise, ni longs ni dangereux.

Au bout de dix minutes, Éva était rentrée dans l'entière possession d'elle-même, à part le doute qu'elle ne fût pas sous l'empire d'un rêve.

À la porte de l'église, la voiture l'attendait. Mais Éva était si faible que Jacques fut obligé de l'y porter dans ses bras. Le cocher savait où il devait aller; il ne demanda aucun ordre, et, au milieu des cris Vive Jacques Mérey! vive mademoiselle de Chazelay, la voiture s'éloigna et tout rentra dans l'obscurité et le silence.

Éva regarda autour d'elle et près d'elle, ne vit rien que Jacques; elle poussa un cri de joie, se jeta dans ses bras et fondit en larmes.

Depuis cette insufflation à la suite de l'asphyxie, insufflation qui avait fini par un baiser, aucune caresse d'amant n'avait été échangée entre Jacques et Éva.

Ils restèrent donc enlacés dans les bras l'un de l'autre, Éva demandant au ciel, si c'était un rêve, que ce rêve ne finît pas.