Tout à coup la portière s'ouvrit, une vive lumière força Éva d'ouvrir les yeux et elle se trouva au milieu de domestiques tenant des flambeaux.
Jacques l'aida à descendre de voiture; elle ignorait complètement où elle était.
À peine avait-elle calculé que le roulement durait depuis cinq minutes que la voiture s'était arrêtée devant cette maison inconnue qu'elle n'avait jamais vue aux environs du château de Chazelay.
Elle monta sur un perron orné de fleurs, entra dans un vestibule orné de candélabres et de vases de Chine dont la forme lui était connue sans qu'elle pût dire cependant où elle les avait vus, autrement que dans la profondeur d'un rêve.
Puis elle passa dans le salon, tout orné de l'ameublement Louis XV qu'elle se rappelait aussi avoir vue; du salon par deux portes on entrait dans deux chambres à coucher.
L'une était la chambre grenat dont, nous l'avons dit, le seul ornement était un grand portrait de femme avec un prie-Dieu au-dessous.
En voyant ce portrait, Éva s'écria:
—Ma mère!
Et elle se jeta à genoux sur le prie-Dieu.
Jacques l'y laissa prier un instant, puis, l'enveloppant de son bras, il la souleva à la hauteur de ses lèvres: