Ce fut là où Jacques Mérey mit Éva au courant de leurs affaires. L'hôpital était bâti et fondé; la villa Scipion ou la maison du bois Joseph était complètement achevée; au mois d'octobre, un hôtel les attendrait à Paris, et de la fortune d'Éva et de celle de Mérey, aussi considérable l'une que l'autre, il restait encore cent mille livres de rentes.
Éva avait voulu fermer l'oreille à tous ces calculs, mais Jacques avait jugé nécessaire de l'informer de toutes choses.
Lorsque le souper fut fini, Jacques reconduisit Éva à sa chambre.
—Ici, dit-il, vous êtes complètement chez vous; les portes ne ferment que de votre côté. Quand vous les laisserez ouvertes, c'est que permission me sera accordée d'y entrer.
Éva le regarda tendrement.
—Jacques, dit-elle, une dernière prière. Retournons ce soir à Argenton.
—Pourquoi cela, chère amie? demanda Jacques.
—Parce qu'il me semble que ce serait une ingratitude de passer la plus heureuse nuit de ma vie hors de la maison où tu m'as créée et où je me suis rachetée.
Jacques prit Éva dans ses bras.
—C'est toi qui n'oublies rien, lui dit-il. Partons pour Argenton, partons à l'instant même.